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Le Figaro
Bertrand Guyard

Françoise Vallée Tuset: «Le bleu de Tours est divin»


ENTRETIEN - L'artiste présente Chemin(s), sa nouvelle série de tableaux, au château de Tours jusqu'au 18 janvier 2015. Elle décrypte la source de son inspiration.

Une exposition nommée Chemin(s) mérite qu'on explique les détours qui y mènent. Le peintre Françoise Vallée Tuset décrypte la genèse de son inspiration. Une cathédrale à Tours, des couleurs, un bleu immémorial, une écriture originelle qui remonte au début de l'antiquité, voici les clefs qui vous permettront de comprendre son univers artistique.

LE FIGARO. - Vous avez intitulé votre exposition au château de Tours, Chemin(s). Pourquoi?

FRANÇOISE VALLÉE TUSET. - Cette exposition retrace le chemin que j'ai emprunté depuis les débuts de mes aventures artistiques. Mais ce voyage a été entrecoupé par des petits chemins de traverses. Avant d'arriver à un art épuré, avant d'arriver au bleu de Tours et à la translucidité du plexiglas, il a fallu que je passe par mille et une façons d'appliquer ce que j'avais appris des techniques des maîtres anciens. En fait, je tente de marier le savoir-faire des grands anciens avec une approche contemporaine de l'art.

Quelle est la source de votre inspiration?

J'aime beaucoup les églises parce qu'il s'y passe quelque chose de magique. On y découvre des trésors infinis. La cathédrale Saint-Gratien de Tours est une splendeur et elle est située à quelques pas de l'endroit où j'expose. Un jour j'ai été frappée par sa lumière splendide. Son bleu unique est une couleur qui transcende. Le Lapis-Lazuli qui est à l'origine de son chromatisme est une pierre très chère. C'est pour cela que les maîtres verriers ne l'utilisaient que parcimonieusement pour la décoration des lieux sacrés. J'ai donc dû travailler beaucoup sur des pigments modernes pour retouver cet éclat si particulier. J'ai eu l'idée aussi de l'appliquer sur un double support de plexiglas. C'était je crois une manière audacieuse de retrouver la profondeur et le caractère du divin du bleu de Tours.

On détecte parfois des signes cabalistiques dans vos œuvres...

Mon métier pendant longtemps a été la graphologie. J'ai voulu reprendre les signes sumériens, la première des écritures. Mais je ne voulais pas donner une signification sumérienne à ce que je faisais. Il a fallu déconstruire les signes pour revenir à l'écriture originelle car je crois que que tout était là il y a 4000 mille ans déjà.

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